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HOMELIE DE LA MESSE D’OUVERTURE DE LA 116ème ASSEMBLEE PLENIERE DE LA CECCI, LE MARDI 28 JUILLET 2020

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  • Alex
  • juil. 29, 2020

Chers frères et sœurs, le Corona virus ravage notre humanité. Ce virus invisible nous laisse totalement déboussolés. Toutes nos planifications sont revues si elles ne sont pas purement et simplement annulées.

Chers frères et sœurs, le Corona virus ravage notre humanité. Ce virus invisible nous laisse totalement déboussolés. Toutes nos planifications sont revues si elles ne sont pas purement et simplement annulées. Sa virulence est telle que les pronostics sont plus qu’effrayants. Que faire devant un spectacle aussi désolant de contaminations et de morts en séries dans les différentes parties du monde ? Les textes de ce jour pourraient nous aider à mener des actions qui permettent à Dieu de venir à notre secours et de libérer notre monde de la propagation de ce virus.     

Le premier texte est tiré du premier livre des rois au chapitre 8. Les versets 37 à 40 se situent dans le contexte d’une pluralité d’intentions de prière du roi Salomon pour le peuple. Cette prière est faite lors du transfert de l’arche d’alliance dans le temple, l’arche d’alliance, signe visible de la présence de Dieu au milieu de son peuple. Nous lisons : « Quand le pays subira la peste…quand il y aura n’importe quel fléau ou épidémie, quelle que soit la prière ou la supplication de quiconque, ou de tout Israël ton peuple, dès lors qu’il éprouve le remords de sa propre conscience, s’il étend les mains vers ce Temple, toi, écoute au ciel, où tu résides, pardonne et agis ; rends à chaque homme selon sa conduite… ». Le verset 42 que nous n’avons pas lu mais que je reprends pour nous ici, met l’accent sur la prière dans le temple : « Même l’étranger qui n’est pas d’Israël ton peuple, s’il vient et prie, en ce temple, toi, écoute-le… » (1R8, 42 ; cf 1R8, 33).

Ces versets qui présentent les conditions pour obtenir l’oreille attentive de Dieu, instruisent sur un certain nombre de vérités. Nous saisissons, entre autres vérités, que parmi les calamités que peut connaitre Israël, il y a l’épidémie. Ceci laisse comprendre que les épidémies cheminent avec l’humanité. Même si leurs causes, leurs natures et même leurs finalités varient, elles sont présentes à différentes époques de l’histoire de l’humanité. Le roi Salomon, l’homme à la grande sagesse, ne peut ignorer cette éventualité dans l’avenir de son peuple pour qui il prie, lors de la solennelle circonstance du transfert de l’arche d’alliance dans le temple de Jérusalem.

La vérité la plus importante qui ressort de ce texte ou qui en est le cœur, et qui est à retenir, c’est l’insistante sollicitation faite à Dieu par le roi, lui demandant d’écouter la prière du peuple en cas de calamités diverses dont les épidémies : « Pardonne et agis » (1R8, 39). Cette double action demandée à Dieu revient comme un refrain dans la prière de Salomon lors de la cérémonie évoquée plus haut (Cf 1R8, 30.32.34.36.50). Salomon demande à Dieu de pardonner et d’agir en rendant justice. Dieu qui est juste est interpellé par Salomon sur la justice à rendre à celui qui le supplie : « Rends à chaque homme selon sa conduite » (1R8, 39). Cette demande de Salomon se comprend ainsi : « Déclare coupable le méchant en faisant retomber sa conduite sur sa tête, et justifie l’innocent en lui rendant selon sa justice » (1R 8, 32).

Pour que Dieu écoute la prière ou la supplication, qu’elles soient individuelles ou collectives, elles devront être soutenues par le remords. La prière préconisée dans le contexte des épidémies doit être soutenue par le « remords de sa propre conscience ». Ceci suppose que la faute du peuple y est pour quelque chose dans la calamité qui le frappe et celle-ci serait le châtiment infligé par Dieu. Il lui faudra donc montrer son profond regret pour toucher le cœur miséricordieux de Dieu à qui le roi demande le pardon et l’action, en ces termes : « Pardonne et agis » (1R8, 39).

Le temple, dans cet élan de prière, a une place centrale : étendre les mains vers ce temple, mieux prier dans ce temple, est l’une des conditions pour être exaucé dans les circonstances particulières de calamités éventuelles. En effet Dieu que ni le ciel ni la terre ne peuvent contenir, a décidé de faire habiter son nom dans ce temple construit par des hommes (Cf 1R 8, 27-29). Salomon lui demande donc d’écouter la prière qu’il fera en ce lieu (Cf 1R8, 29). Nul n’ignore que Dieu qui ne rejette pas la prière de chaque membre de son peuple comme celle d’Anne la mère de Samuel (Cf 1S1), a décidé non seulement d’écouter mais bien mieux d’habiter la louange de tout son peuple (Cf Ps 22, 4). Cette belle expression montre que Dieu a décidé d’être présent au milieu de son peuple qui prie, qui prie ensemble, qui supplie, qui supplie ensemble, loue, qui loue ensemble, qui adore, qui adore ensemble.

L’importance du temple et de la prière communautaire de tout le peuple de Dieu, d’un Dieu présent au milieu de son peuple, d’un Dieu présent et sensible aux épreuves de son peuple, trouve son accomplissement en Jésus-Christ, la Parole vivante de Dieu, qui a planté sa tente parmi les hommes (Cf Jn 1, 14). Jésus est le vrai temple de Dieu, le sanctuaire de Dieu (Cf Jn 2). En lui Dieu se fait présent aux hommes qui croient et qui aiment (Cf Jn 15). Il est présent au milieu de son peuple et n’attend que la communion d’intention dans la prière pour pardonner et agir. C’est cela qu’il nous donne comme enseignement dans le discours sur l’Eglise rapporté en Mt 18 : « De même, je vous le dis, en vérité, si deux d’entre vous, sur la terre, unissent leurs voix pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux ; que deux ou trois, en effet, soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux. » (Mt 18, 19-20). La prise de conscience de la présence de Jésus au milieu des disciples encourage l’union des voix pour la prière. Et cette union des voix, qui suppose l’union des cœurs et des âmes, est la condition à ne pas négliger pour obtenir la grâce demandée.

Chers frères et sœurs, l’humanité est aujourd’hui confrontée à une épidémie devenue pandémie, vue son universalité : tous les continents sont touchés ; tous les pays sont touchés. Les pronostics qui semblent d’une orchestration suspecte ne rassurent guère. Que devons-nous faire en tant que peuple de Dieu devant une telle situation ? Salomon nous montre une seule voie : demander à Dieu de nous écouter et de nous exaucer. Mais comment Dieu peut-il nous exaucer si nous ne prions pas, si nous ne supplions pas ; si notre prière n’est pas soutenue par un remords sincère, si nous ne tendons pas les mains vers le temple, signe de la présence de Dieu au milieu de nous, si nous ne convergeons pas vers le temple pour nous y rassembler et prier et supplier et crier notre détresse ?  Comment Dieu peut-il nous exaucer si nous ne donnons pas à Jésus l’occasion d’être au milieu de nous à travers nos rassemblements, si nous ne nous mettons pas tous d’accord, tous rassemblée dans une commune humanité pour demander la grâce de l’éradication de l’épidémie ?

Il est évident que nous avons le devoir de respecter les mesures sanitaires pour aider les spécialistes à travailler à freiner et à arrêter la propagation du virus.  C’est ici qu’il est nécessaire de rappeler que demander à Dieu d’exaucer la prière de son peuple rassemblé dans le temple ne dispense pas de l’action de l’homme à qui Dieu a donné la science pour collaborer à son œuvre de création et de rédemption. Prier pour demander la guérison à Dieu ne dispense pas de recourir au médecin. La parole de Dieu est très claire à ce sujet : « Honore le médecin pour ses services, car lui aussi, c’est le Seigneur qui l’a créé. C’est en effet du Très-Haut que vient la guérison, comme un cadeau qu’on reçoit du roi. La science du médecin lui fait porter la tête haute, il fait l’admiration des grands. Le Seigneur a créé de la terre les remèdes, l’homme sensé ne les méprise pas…Le pharmacien en fait des mixtures. » (Si 38, 1-15).

Il apparaît plus qu’évident que le rassemblement pour la prière dans le temple de Dieu d’une même voix et d’un seul cœur, pour obtenir sa miséricorde et son action de guérison de tous les malades de l’épidémie à Covid 19, dans le plus grand respect des mesures sanitaires, appelle la prière pour que la science des hommes, se servant de la création, trouve les remèdes contre ce virus. C’est ce que la prière des évêques réunis au sein du SCEAM demande : « Père Tout-puissant…Nous nous présentons devant toi pour demander une maîtrise rapide du coronavirus…Nous te demandons qu’un traitement efficace contre cette maladie soit rapidement trouvé ». En entendant cette prière, des questions se posent à notre conscience : A qui pense- t-on lorsque l’on demande qu’un traitement efficace contre cette maladie soit rapidement trouvé ? Pense-t-on aussi aux pharmaciens et guérisseurs africains ? Croit-on seulement à la participation de l’Afrique à la recherche de remèdes pour éradiquer ce mal et tout mal ? Quel est le crédit, entendu dans le sens de la confiance, accordé à l’Afrique dans cette lutte, que l’Afrique s’accorde à elle-même dans cette combat sanitaire ? Que représente la « guerre » contre cet ennemi invisible dans le processus d’organisation de l’Afrique ?

Nous ne pouvons pas ne pas réfléchir à ces grandes questions à la lumière de la parole de Dieu et des épidémies passées. Il fut un temps où des ivoiriens avaient affirmé avoir trouvé des remèdes contre une épidémie. Savez-vous comment leurs propres frères ont qualifié ces remèdes ? Ils les ont ridiculisés en qualifiant leurs remèdes d’alicaments et non de médicaments. Mais un alicament qui guérit n’est-il pas préférable à un médicament qui ne guérit pas ? Entre les deux, où se trouve le vrai remède donné par Dieu de la terre ? Nous ne pouvons pas oublier qu’Hippocrate, le premier médecin moderne disait : « Que ton remède soit ta nourriture et ta nourriture ton remède ». Si nous voulons participer au développement du monde et particulièrement à la lutte contre les épidémies d’où qu’elles viennent, il nous faut croire en nos capacités scientifiques et les organiser, car en définitif et en réalité, il n’est question que d’organisation. Organisons-nous dans la recherche ! Organisons-nous dans la réflexion ! Organisons-nous dans la mise en commun des moyens de la réflexion et de la recherche, et nous trouverons.

Chers frères et sœurs, en ces temps de grande épreuve, n’abandonnons pas nos assemblées comme Dieu nous le commande dans la lettre aux Hébreux (Cf He 10, 25). Unissons nos cœurs et nos voix pour demander à Dieu de nous exaucer. Prions et supplions en reconnaissant nos tords dans la manipulation dangereuse du coronavirus, à la base de cette épidémie, avec un vrai remords et la volonté sans feinte d’y remédier. Que l’humanité tout entière s’unisse dans la solidarité dans le malheur et non dans le mal ! Qu’elle fasse monter unanime sa prière vers le Père de tous, afin qu’il la guérisse et inspire les hommes de science de tous les continents en vue d’arrêter le virus. Qu’il enlève du cœur des hommes la tentation de faire de cette épidémie une occasion d’enrichissement malsain ! Qu’il enlève du cœur de tous les hommes de toutes races, langues, l’effroyable et diabolique tentation de faire de cette épidémie un moyen d’extermination des peuples et des franges de la population au niveau mondiale.

A                M               E                N                !

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