Textes et Déclarations


DECLARATION DU SYMPOSIUM DES CONFERENCES EPISCOPALES D’AFRIQUE ET DE MADAGASCAR (SCEAM) SUR LE COVID-19 ET SES CONSEQUENCES.

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  • Alex
  • juin 14, 2020

« Ecoute, ô mon Dieu, le cri de ma plainte ; face à l’ennemi redoutable, protège ma vie » (Ps. 64, 1).
1.Prière : Nous évoquons cette prière en complément de celle que nous avons recommandée à tous les fidèles catholiques

« Ecoute, ô mon Dieu, le cri de ma plainte ; face à l’ennemi redoutable, protège ma vie » (Ps. 64, 1).
1.Prière : Nous évoquons cette prière en complément de celle que nous avons recommandée à tous les fidèles catholiques dans notre brève Déclaration sur le Coronavirus, publiée le 6 Mars 2020. Nous le faisons pour exprimer, en ces temps difficiles, notre solidarité aux peuples du Continent africain et avec tous les malades infectés par le COVID-19, où qu’ils soient. Alors que nous prions aussi pour le repos éternel des âmes de tous ceux qui ont perdu leurs vies à cause du COVID-19, nous pensons qu’il est important de partager nos réflexions sur la pandémie.

2.La situation actuelle : Nous sommes tous conscients aujourd’hui que le monde fait face, depuis six mois, à un ennemi invisible qui fait des ravages partout, provoquant la mort de plusieurs milliers de personnes, toutes catégories d’âge confondues. Aucun pays n’est épargné, même les pays développés où les systèmes de santé1 et les infrastructures sanitaires sont réputées être performantes. Ce qui est considéré comme une situation inédite c’est que toutes les catégories ou classes sociales ont été affectées par la maladie : riches, pauvres, dirigeants politiques, cadres supérieurs, personnalités religieuses, ouvriers et personnes en situation de fragilité, tels les réfugiés, etc… En outre, la vitesse de propagation de la pandémie est telle qu’on peut toujours s’attendre à une explosion de cas de contamination dans des endroits où il est difficile de se conformer aux mesures de distanciation sociale et où les risques de transmission du virus sont bien réels.
C’est précisément pour contenir cette propagation rapide du Covid-19 que la plupart des gouvernements, y compris de ceux du Continent africain, ont adopté des mesures drastiques comme la fermeture des frontières et le confinement et ils ont aussi recommandé les gestes barrières tels que le lavage fréquent des mains, le respect de la distanciation sociale et le port des masques. En Afrique, la mesure du confinement a été plus ou moins suivie, mais force est de constater que son application a été difficile pour la plupart de gens qui luttent chaque jour pour leur survie en menant des activités dans le secteur informel.
A en juger d’après ses effets dévastateurs, on peut affirmer sans l’ombre d’un doute que les conséquences de la pandémie sont dramatiques. Sur le plan économique, la récession est inévitable à cause de l’arrêt des activités, surtout dans les secteurs-clé de production, dans le secteur du tourisme et toutes les activités qui y sont liées, tels les transports aériens et l’industrie hôtelière. L’explosion sociale est à craindre dans beaucoup de pays, et notamment dans le Continent africain

1 D’après l’OMS,”le système de santé est l’ensemble des organisations, des institutions, des ressources et des personnes dont l’objectif est d’améliorer la santé »(cf. Site WEB de l’Organisation Mondiale de la Santé, A propos des systèmes de santé ».

qui croule déjà sous le poids de la dette et où le chômage va s’aggravant, ce qui accentue encore plus le phénomène de paupérisation des populations.

3. Un moment de Foi et de Confiance en Dieu qui est toujours à nos côtés : Préoccupés par la situation actuelle, beaucoup de gens se demandent si cette pandémie n’est pas un châtiment infligé par Dieu à l’humanité pécheresse qui se détourne de lui, ou pourquoi Dieu permet la souffrance des hommes ou si ce n’est pas un mauvais présage annonçant que la fin du monde est proche. Pour ceux qui sont en proie à l’angoisse, il est facile de se réfugier dans une explication selon laquelle la pandémie est un châtiment venant d’un Dieu en colère qui souhaite mettre un terme à l’existence humaine.

Néanmoins, même un examen rapide de l’Ecriture Sainte nous révèle que Dieu est le créateur du monde et dès lors il n’a pas seulement la maîtrise absolue sur la création mais il ne peut pas non plus se retourner contre sa propre création qui est très bonne (Gen.1, 31). En outre, être créé à l’image et à la ressemblance de Dieu signifie qu’il y a une empreinte de Dieu dans chaque personne. Si nous faisons l’expérience de la douleur ou de la souffrance, Dieu y participe en vue la dépasser. St Augustin disait il y a longtemps : « En étant extrêmement bon, Dieu ne peut pas permettre le mal dans ses œuvres, à moins que dans sa toute-puissance et sa bonté il soit capable de faire sortir le bien du mal » (Enchiridion 11, 3 ; PL 40, 236).2 Par ailleurs, l’Ecriture Sainte affirme avec force que « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle (Jn 3,16). Par conséquent, il a permis que son Fils meure d’une mort infamante sur la Croix afin de nous réconcilier avec lui (Rm 8, 31-32 ; 5, 10-11) et de libérer l’humanité entière de l’emprise du mal et de la mort. C’est pourquoi l’auteur de la Première Lettre de St Jean a déclaré que « Dieu est amour (1 Jn 4, 8) ; il est bon, miséricordieux, compatissant et son dessein pour son peuple est toujours celui « de la paix et non de la calamité, et d’un avenir plein d’espérance pour eux » (Jer. 29, 11).

Comme le livre d’Isaïe l’a prédit, Jesus lui-même a fait l’expérience des moments douloureux et il était familier de la souffrance quand il était sur terre ; il était méprisé, maltraité, puni, écrasé par les hommes et frappé par Dieu dans son malheur, mais il n’a jamais ouvert la bouche » (Is 53, 310 ; cf Lc 22, 63-65 ;23, 8-12 ; 53-38). Bien qu’il soit pleinement conscient que « le Fils de l’homme doit souffrir beaucoup, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, et tué (Lc 9, 22 ; Mt 20,18-19 ;Mc 10,33-34), il s’est livré lui-même. Sur le mont des Oliviers, Jésus s’est retiré de ses disciples « et fléchissant les genoux, il pria : Père, dit-il, si tu veux, éloigne de moi cette coupe ! Cependant, que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui se fasse ! Lc 22,4143 ;Mt 26, 39.Bible de Jérusalem). Par la suite, il cria : « Eli, eli, lama sabachtani ? c’est-à-dire mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». « Poussant de nouveau un grand cri, il rendit l’esprit » (Mt 27, 45-50). Mais il n’y avait pas de réponse immédiate venant du Père jusqu’au moment de la résurrection. Ceci nous invite à attendre toujours le temps de Dieu.

Il convient de noter que Jésus a volontairement succombé à une cruauté atroce et horrible, culminant avec une mort honteuse sur la Croix et ce non pas parce qu’il a fait quelque chose de

2 P. Raniero Cantalamessa, Homélie durant la Célébration de la Passion du Seigneur, Basilique St Pierre, 10.04.2020. www.vaticannews.

mal, mais c’est pour changer la signification de toutes sortes de souffrances et de douleurs, physiques et morales, vécues non seulement par ceux qui ont la foi mais aussi par toute personne humaine.3 Si Jésus a souffert innocemment, la souffrance ne devrait plus être considérée comme un châtiment pour les péchés commis ou comme une malédiction.

L’épître aux Romains nous assure également que « rien ne pourra nous séparer de l’amour du Christ, même en cas de tribulation, d’angoisse, de persécution, de nudité, de menaces ou d’attaques….Ni la mort ni la vie, ni les anges ni les principautés, ni le présent ni l’avenir, ni les puissances, ni les hauteurs, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Rom.8, 31-39. Bible de Jérusalem).

4. Commémoration de la Pentecôte : Notre situation actuelle peut être comparée à celle des disciples de Jésus Christ après sa mort, sa résurrection et son ascension. Ils étaient découragés, effrayés et « blottis derrière les portes verrouillées » (Jn 20, 19 ; Ac.1, 12-13). Mais quand le Saint Esprit descendit sur eux le jour de la Pentecôte, il les transforma en hommes audacieux et courageux alors qu’ils étaient craintifs ; il leur a donné le pouvoir de proclamer la bonne nouvelle du salut, de témoigner du Christ à partir de Jérusalem jusqu’aux extrémités de la terre (Ac 1,1-11 ; 2, 1-47) et subir toutes sortes de supplices, d’humiliation, de persécution et d’emprisonnement à cause du Christ (Ac 5, 41).

En effet, le Livre des Actes des Apôtres raconte à maintes reprises l’amère expérience des premiers chrétiens, y compris le martyre d’Etienne (Ac 7,55/8, 2). Mais l’Esprit Saint était toujours leur compagnon, qui leur apportait le réconfort, les encourageait, les conseillait, leur donnait du pouvoir, libérait leurs cœurs de toutes formes de panique et d’anxiété, les guidait vers de nouvelles directions et transformait « leurs sentiments tièdes en nouveaux rêves ». Voilà ce que signifie « changer les cœurs ».4

Chers frères et sœurs, jusqu’à maintenant, le Saint Esprit « intervient dans les situations les plus inimaginables, tout comme il l’a fait dans les Actes des Apôtres, où il est le personnage principal, comme l’a affirmé le Pape François5. Vraiment, la fête de la Pentecôte célèbre la présence invisible et incommensurable de Dieu dans nos vies, dans notre Eglise et dans le monde. Il travaille discrètement en nous et à travers nous, tous les jours, derrière les coulisses et dans les activités courantes de nos vies et de celles des gens qui sont autour de nous. En ce temps de pandémie du COVID-19, l’Esprit Saint travaille à travers les médecins, les infirmières, les agents de santé, les volontaires et les soignants, qui sont en première ligne de cette urgence et qui risquent leurs vies jour et nuit pour sauver les autres, y compris les prêtres qui, dans leur souci pastoral et leur fidélité à l’Evangile, s’efforcent d’aider et de soutenir tout le monde.6

Enfin, le nom de Jésus « Emmanuel » veut dire « Dieu-avec-nous ». Que ce soit dans une Eglise qui est proche, qu’on soit en confinement à la maison, ou qu’on soit confronté à la faim ou à la maladie, etc.., Dieu est continuellement avec chacun, partout dans le monde. L’outil dont nous

3 P. Raniero Cantalamessa, Homélie durant la Célébration de la Passion du Siegneur, 2020. 4 Pape François, Homélie de la Fête de la Pentecôte, 2019. 5 Pape Francois, Homélie de la Fête de la Pentecôte, 2019. 6 Pape François, Lettre aux fidèles pour le mois de mai, 25.04.2020

avons besoin en toute urgence est la prière pour que Dieu renforce notre foi et notre confiance en Lui. Lors de la veillée de prière précédant la bénédiction urbi et orbi qu’il a donnée sur la Place St Pierre, le Pape François disait que la « prière et le service discret » n’inspirent pas seulement l’espérance à ceux qui sont dans le doute mais elles sont nos « armes gagnantes ». L’Eglise n’est pas le seul endroit pour prier et le seul endroit pour rencontrer Dieu. La foi et la prière qui font également partie de l’héritage spirituel de l’Afrique, peuvent nous aider à découvrir le sens de la vie ; elles sont aussi les piliers pour la construction « d’une civilisation de l’amour », comme le disait Saint Jean-Paul II.7
5.Un moment de solidarité : En fait, la pandémie du Covid-19 a révélé les limites d’une mondialisation axée uniquement sur l’économie et prônant le consumérisme ainsi que l’individualisme au détriment des valeurs éthiques et spirituelles. L’exemple que les professionnels de la santé (ces personnes qui ne font pas la une des journaux, disait le Pape François8) ont donné en faisant preuve de dévouement et d’abnégation dans leur métier, au risque de leur vie a fait naître une prise de conscience dans les pays développés et dans les pays en développement : le monde après le Covid-19 ne sera plus comme avant, mais c’est un monde nouveau en qui est gestation, c’est-à-dire un monde où la qualité de vie compte plus que la course effrénée à la réussite et au profit 9. La doctrine sociale de l’Eglise garde toute son actualité lorsqu’elle insiste sur le bien commun, la solidarité, le respect de la dignité humaine et le développement intégral, ainsi que l’a souvent rappelé le Pape François. En effet, « la doctrine sociale de l’Église estime que des relations authentiquement humaines, d’amitié et de socialité, de solidarité et de réciprocité, peuvent également être vécues même au sein de l’activité économique et pas seulement en dehors d’elle (…) Cela permettra de vivre et d’orienter la mondialisation de l’humanité en termes de relationnalité, de communion et de partage ».10


6. APPEL URGENT POUR DES ACTIONS CONCRETES

6.1.Appel aux organismes bilatéraux et multilatéraux : En réfléchissant sur l’Après-COVID19, nous voudrions, en tant que responsables et représentants de l’Eglise en Afrique et à Madagascar, lancer un appel urgent aux responsables des organismes d’aide bilatéraux et multilatéraux pour qu’ils se penchent de près sur le cas de l’Afrique qui est confrontée actuellement au problème de manque de moyens dans la gestion de la lutte contre la pandémie et à l’inexistence d’un filet de sécurité pour ceux qui, travaillant dans le secteur informel, ont dû suspendre leurs activités en raison du confinement. Sans doute des initiatives ont-elles été déjà prises pour la mise en œuvre de la mitigation dans la gestion des impacts de la pandémie, mais nous voudrions aller plus loin en plaidant pour l’annulation massive des dettes des pays africains, afin de leur permettre de réaliser la relance de leur économie.
Par ailleurs, nous sollicitons l’octroi d’aides substantielles qui permettront aux pays bénéficiaires de mettre en place des systèmes de santé, de favoriser l’émergence des PME (Petites et Moyennes

7 St Jean Paul II, Edifier la Civilisation de l’amour, Audience Générale, 15.02.1999. 8 Pape François, Homélie du 20 mars 2020, Place St Pierre. 9 Pape François, Homélie du 20 mars 2020, Place St Pierre. 10 Pape Benoît XVI, Encyclique Caritas in Veritate, Rome 29.06.2009, n° 36/42.

Entreprises) en vue de résoudre le problème posé par le chômage et enfin d’assurer la sécurité alimentaire des populations rurales.

6.2. Appel aux Compagnies multinationales et aux propriétaires d’Entreprises : L’Afrique est une grande pourvoyeuse de matières premières vers les pays industrialisés. Par conséquent, nous exhortons les grandes Compagnies qui y exploitent ces matières premières à verser des contributions importantes aux pays d’accueil pour leur permettre de construire des infrastructures destinées à assurer les services sociaux de base comme les hôpitaux, les écoles et les logements sociaux. Et puisqu’une course contre la montre est actuellement engagée dans les pays développés en vue de trouver le remède efficace au COVID-19, nous demandons à ceux qui sont dans le milieu des affaires et aux entreprises pharmaceutiques (travaillant dans les secteurs formel ou informel) de ne pas exploiter cette situation de pandémie pour faire des profits mais de se joindre aux efforts visant à assurer la prise en charge des personnes vulnérables.

6.3. Appel à l’Union Africaine : La crise sanitaire provoquée par le Covid-19 nous incite à réfléchir sur les voies et moyens pour pourraient aider chaque pays à éradiquer les maladies comme le paludisme (malaria) et la tuberculose qui continuent de sévir dans le Continent. Dans cette optique, nous voudrions lancer un appel à l’Union Africaine pour qu’elle sensibilise les pays membres à apporter leurs contributions à la création d’un Fonds de solidarité qui sera destiné à l’amélioration de la santé des populations. Nous exhortons en outre les dirigeants africains à veiller à ce que les ressources disponibles mais limitées soient utilisées pour soutenir ceux qui ont vraiment besoin d’aide, notamment les plus pauvres et qu’elles ne se retrouvent pas dans les poches des personnes ayant des relations politiques par le biais des pratiques de corruption.

6.4 Appel aux institutions d’Eglise : Nous exhortons toutes les institutions d’Eglise qui sont directement engagées dans ce combat à rester inébranlables et à travailler avec les autres institutions non-confessionnelles pour la promotion de la bonne santé des peuples d’Afrique et de Madagascar.

7. Appréciation : Nous apprécions les efforts qui ont été déployés par les gouvernements respectifs pour contenir la propagation brutale du virus dans le Continent et nous les encourageons dans ce combat que nous menons ensemble pour protéger la santé de la population. Nous tenons aussi à remercier tous les professionnels de la santé ainsi que les religieuses qui ont fait preuve d’un dévouement extraordinaire pour apaiser la souffrance des malades.

8. Conclusion : Chers fils et chères filles du Continent africain, il est temps de réactiver la valeur de solidarité qui a façonné nos sociétés pour mieux affronter les impacts de la pandémie et pour pouvoir redresser nos économies exsangues, et nous comptons sur la puissance du Saint Esprit qui nous donne la grâce d’aimer et d’être compatissants. En cette période où beaucoup de gens ont des besoins urgents, aidons-les à faire l’expérience de l’amour de Dieu. De même, évitons de stigmatiser ceux qui se sont remis de la maladie du COVID-19 mais accueillons-les chaleureusement et faisons un effort pour les rendre heureux de retrouver leurs familles ou leurs communautés. En outre, rassemblons nos forces pour réaliser un développement harmonieux, soucieux de préserver la dignité humaine et l’avenir des générations futures.

A tous ceux qui ont été infectés et affectés par le COVID-19, nous tenons à exprimer notre solidarité avec vous et adressons nos condoléances aux familles qui ont perdu leurs proches. Soyez assurés que l’Eglise-Famille-de-Dieu en Afrique vous porte dans ses prières quotidiennes et adresse ses supplications au Christ Ressuscité pour nous aider à vivre en paix et en bonne santé. Nous exhortons vivement tout le monde à se tourner vers le Saint Esprit et à prier pour qu’il continue de remplir les cœurs des fidèles d’espoir et de courage ; à allumer chez tous les peuples du monde le feu de son amour ; à renouveler la face de la terre, à mettre un terme à cette pandémie et à ouvrir la voie pour l’émergence d’un monde nouveau.

Puisse la Vierge Marie, Reine de l’Afrique, assurer sa maternelle protection à ses enfants !




Philippe Cardinal OUÉDRAOGO

President of SCEAM 31 Mai 2020